Laboratoire d'essais et conseil · Granges-Paccot

Réserver un appel

Machines

Règlement machines : machines à haut risque (annexe I) et organisme notifié

Annexe I du règlement machines (UE) 2023/1230 : parties A et B, quand l'organisme notifié est obligatoire, normes harmonisées, organismes disponibles et Suisse.

Par Elio SchnarrenbergerPublié le 12 min de lecture

L'essentiel

  • L'annexe I du règlement machines (UE) 2023/1230 remplace l'annexe IV de la directive et se divise en deux parties : la partie A (6 catégories) impose toujours un organisme notifié, la partie B (19 catégories) permet de l'éviter sous conditions (art. 25).
  • Partie A : dispositifs amovibles de transmission mécanique et leurs protecteurs, ponts élévateurs pour véhicules, machines portatives de fixation à charge explosive, et deux nouvelles catégories liées à l'apprentissage automatique assurant des fonctions de sécurité.
  • Partie B : l'auto-déclaration (module A) n'est possible que si des normes harmonisées ou des spécifications communes couvrant toutes les exigences sont appliquées. Au 2 novembre 2026, aucune norme n'est encore harmonisée au titre du règlement ; la Commission annonce une première liste avant la fin de 2026.
  • Les organismes notifiés sont moins nombreux : 43 au titre du règlement, contre 154 au titre de la directive, selon la base NANDO au 2 novembre 2026. Aucun organisme suisse n'est encore reconnu au titre du règlement.
  • Les attestations d'examen CE de type délivrées selon la directive restent valables jusqu'à leur expiration (art. 52) ; des attestations complémentaires peuvent couvrir les nouvelles exigences de cybersécurité ou d'IA.
Règlement machines : machines à haut risque (annexe I) et organisme notifié

Le règlement machines (UE) 2023/1230 classe certaines machines à haut risque dans son annexe I, avec une conséquence directe : l’intervention d’un organisme notifié. Pour la partie A, elle est toujours obligatoire. Pour la partie B, elle dépend des normes harmonisées, qui ne sont pas encore publiées au titre du règlement. Voici les listes, la procédure à suivre, l’état réel des normes et des organismes notifiés, et la situation en Suisse. État au 2 novembre 2026.

Quelles machines sont à haut risque (annexe I) selon le règlement machines ?

Les machines à haut risque sont celles des 25 catégories de l’annexe I du règlement (UE) 2023/1230 : 6 en partie A et 19 en partie B. L’annexe I remplace l’annexe IV de la directive 2006/42/CE, qui comptait 23 catégories (directive 2006/42/CE, annexe IV, points 1 à 23 ; correspondance à l’annexe XII du règlement). Quatre catégories de l’ancienne annexe IV passent en partie A ; deux catégories nouvelles, liées à l’apprentissage automatique, y sont ajoutées. Ces deux catégories sont détaillées dans règlement machines et intelligence artificielle.

Partie A : organisme notifié toujours obligatoire Partie B : organisme notifié sauf normes couvrant tout
1. Dispositifs amovibles de transmission mécanique, y compris leurs protecteurs 1 à 8. Machines à bois (et à viande pour les points 1 et 4) : scies circulaires, dégauchisseuses, raboteuses, scies à ruban, machines combinées, tenonneuses, toupies, scies à chaîne portatives
2. Protecteurs des dispositifs amovibles de transmission mécanique 9. Presses et plieuses pour le travail à froid des métaux, à chargement ou déchargement manuel, course supérieure à 6 mm et vitesse supérieure à 30 mm/s
3. Ponts élévateurs pour véhicules 10 et 11. Machines de moulage des plastiques et du caoutchouc par injection ou compression, à chargement ou déchargement manuel
4. Machines portatives de fixation à charge explosive et autres machines à chocs 12. Machines pour travaux souterrains (locomotives, bennes de freinage, soutènements marchants hydrauliques)
5. Composants de sécurité à comportement auto-évolutif utilisant l’apprentissage automatique pour des fonctions de sécurité 13. Bennes de ramassage d’ordures ménagères à chargement manuel avec mécanisme de compression
6. Machines dont les systèmes intégrés, non mis sur le marché séparément, ont un comportement auto-évolutif et utilisent l’apprentissage automatique pour des fonctions de sécurité, uniquement en ce qui concerne ces systèmes 14. Appareils de levage de personnes avec danger de chute verticale supérieure à 3 m
15. Dispositifs de protection destinés à détecter la présence de personnes
16. Protecteurs mobiles motorisés avec verrouillage pour les machines des points 9 à 11
17. Blocs logiques assurant des fonctions de sécurité
18 et 19. Structures de protection contre le retournement (ROPS) et contre les chutes d’objets (FOPS)

Libellés abrégés ; le texte exact figure à l’annexe I du règlement. La Commission peut modifier cette liste par actes délégués (art. 6) ; à notre connaissance, aucun acte de ce type n’a été adopté au 2 novembre 2026.

Quelle procédure choisir : partie A, partie B ou hors annexe I ?

Partie A : organisme notifié obligatoire ; partie B : module A seulement avec des normes couvrant toutes les exigences ; hors annexe I : module A (art. 25). Le logigramme ci-dessous résume les trois cas.

Quelle procédure d'évaluation de la conformité ?

1La machine ou le produit connexe figure-t-il à l'annexe I ?Vérifier la catégorie exacte, y compris les conditions (chargement manuel, course, vitesse, hauteur de chute)

NonHors annexe I

Contrôle interne de la production (module A, annexe VI). Pas d'organisme notifié.

Art. 25, par. 4

Oui, partie BPartie B

Passer à l'étape 2.

Oui, partie APartie A

Organisme notifié obligatoire : B + C, H ou G.

Art. 25, par. 2

2Des normes harmonisées ou des spécifications communes propres à la catégorie couvrent-elles toutes les exigences pertinentes, et sont-elles appliquées intégralement ?Au titre du règlement 2023/1230, à la date de mise sur le marché ; y compris cybersécurité (1.1.9 et 1.2.1)

OuiModule A possible

Le fabricant déclare seul la conformité. Il peut aussi choisir un organisme notifié.

Non ou en partieOrganisme notifié

B + C, H ou G, comme pour la partie A.

Art. 25, par. 3

Les modules
  • B + C : examen UE de type par l'organisme (annexe VII), puis conformité au type sur contrôle interne de la production (annexe VIII).
  • H : assurance complète de la qualité, système qualité approuvé et surveillé par l'organisme (annexe IX).
  • G : vérification à l'unité de chaque machine par l'organisme (annexe X).
Logigramme Säfeli d'après le règlement (UE) 2023/1230, art. 25 et annexes VI à X.

Ce qui change pour la partie A. Sous la directive, une machine de l’annexe IV fabriquée selon des normes harmonisées couvrant toutes les exigences pouvait suivre le contrôle interne (directive 2006/42/CE, art. 12, par. 3). Pour les quatre catégories classiques qui passent en partie A, ce n’est plus possible : l’organisme notifié est obligatoire, normes ou pas. Le règlement ne donne pas de justification propre à chacune de ces catégories ; l’article 6, paragraphe 7, liste les critères d’inscription en partie A, comme l’absence de normes ou des accidents répétés.

Le choix du module, en pratique. Selon notre expérience, B + C convient à une machine produite en série d’après un type ; G à une machine unique ou en très petite série ; H à un fabricant qui dispose d’un système qualité solide et produit plusieurs types de l’annexe I.

Partie B : pourquoi l’auto-déclaration reste incertaine pour l’instant

Pour une machine de la partie B, le module A exige des normes harmonisées « propres à cette catégorie » couvrant « toutes les exigences essentielles de santé et de sécurité pertinentes » (art. 25, par. 3). Or, au 2 novembre 2026, aucune norme n’est encore harmonisée au titre du règlement 2023/1230.

  • La dernière liste publiée, la décision d’exécution (UE) 2026/2015 du 4 septembre 2026, est établie au titre de la directive 2006/42/CE.
  • La Commission indique que la première liste au titre du règlement est attendue avant la fin de l’année et que sa publication est prioritaire. Selon le projet de procès-verbal du groupe d’experts Machines du 27 avril 2026, l’analyse d’écart portait sur environ 670 normes.
  • Les nouvelles exigences de cybersécurité (annexe III, 1.1.9 et 1.2.1) n’ont pas de norme harmonisée. Le même procès-verbal relève que des machines de la partie B comportant des éléments numériques peuvent nécessiter un organisme notifié lorsqu’aucune norme harmonisée appropriée ne couvre ces aspects.

Conséquence pratique pour une machine de la partie B mise sur le marché à partir du 20 janvier 2027 : vérifiez la liste publiée à la date de mise sur le marché, et vérifiez qu’elle couvre aussi la cybersécurité de votre machine. Sans cela, prévoyez un organisme notifié, avec ses délais. Le projet de norme prEN 50742 sur la protection contre la corruption était annoncé pour octobre 2026 ; voir notre article sur la cybersécurité dans le règlement machines.

Combien d’organismes notifiés sont disponibles ?

Beaucoup moins que sous la directive : 43 organismes de l’UE sont notifiés au titre du règlement (UE) 2023/1230, contre 154 au titre de la directive 2006/42/CE, selon notre relevé de la base NANDO de la Commission au 2 novembre 2026. Pour certaines catégories de la partie A, le choix se limite à quelques organismes en Europe.

Organismes notifiés au 2 novembre 2026

Total Directive 2006/42/CE 154 Règlement 2023/1230 43 Sélection de catégories partie A partie B A.3 Ponts élévateurs 21 B.17 Blocs logiques 18 B.1 à B.8 Machines à bois 17 B.15 Détection de personnes 13 A.2 Protecteurs de transmission 5 A.1 Transmission amovible 4 A.4 Fixation à charge explosive 3 A.5 Composants auto-évolutifs 3 A.6 Machines auto-évolutives 2 Les totaux et les catégories utilisent deux échelles différentes.
Relevé Säfeli de la base NANDO (Single Market Compliance Space), organismes actifs, 2 novembre 2026. Un même organisme peut couvrir plusieurs catégories. Données appelées à évoluer avec les nouvelles notifications.

Trois enseignements pour un fabricant :

  • Anticiper. Pour une machine de la partie A, ou de la partie B sans normes harmonisées, l’organisme doit être choisi tôt : vérifiez qu’il est notifié au titre du règlement, pour la catégorie et le module voulus, et non seulement au titre de la directive.
  • Arriver avec un dossier prêt. Un examen de type avance d’autant plus vite que l’appréciation du risque, les essais et la documentation technique sont complets.
  • Ne pas confondre les rôles. Un bureau comme Säfeli, qui n’est ni accrédité ni notifié, prépare le dossier, réalise des essais préliminaires et accompagne le fabricant face à l’organisme notifié ; seul l’organisme notifié délivre l’attestation d’examen UE de type.

Que deviennent les attestations délivrées sous la directive ?

Les attestations d’examen CE de type et les décisions d’approbation délivrées selon l’article 12 de la directive restent valables jusqu’à leur expiration (art. 52, par. 2). Selon le projet de procès-verbal du groupe d’experts Machines du 27 avril 2026, elles peuvent être complétées par des attestations d’examen de type complémentaires couvrant seulement les nouvelles exigences de cybersécurité, d’IA, ou les deux.

Les nouvelles attestations d’examen UE de type sont valables cinq ans au plus (annexe VII, point 6.1). Pour obtenir leur renouvellement, le fabricant demande un réexamen entre douze et six mois avant l’expiration ; hors de ce délai, il n’obtient qu’un complément et la date d’expiration initiale reste. Une procédure simplifiée s’applique si le type n’a pas été modifié et que l’état de la technique n’a pas évolué (annexe VII, points 7.4 à 7.6).

Et en Suisse ?

Aucun organisme suisse n’est notifié au titre du règlement (UE) 2023/1230 au 2 novembre 2026, alors que trois organismes suisses, dont la Suva, sont reconnus pour la directive via l’ARM, en dehors des 154 organismes notifiés de l’UE. Le rapport explicatif du projet d’OMach présente la révision comme la base d’une actualisation de l’accord de reconnaissance mutuelle (ARM), qui requiert l’accord des deux parties. Selon notre lecture, la notification d’organismes suisses au titre du règlement dépend de cette mise à jour, qui n’est pas intervenue à ce jour.

Côté droit suisse :

  • l’OMach en vigueur prévoit déjà, depuis le 20 janvier 2024, que les organismes suisses qui évaluent selon le règlement soient accrédités selon l’ordonnance sur l’accréditation et la désignation (art. 4, al. 1bis) ;
  • le projet de révision totale de l’OMach, mis en consultation le 19 septembre 2025, reprend l’annexe I et l’article 25 du règlement par renvoi (art. 5 du projet), précise les organismes admis (art. 6) et maintient les certificats existants jusqu’à leur expiration (art. 12) ; l’entrée en vigueur est prévue le 20 janvier 2027, sans texte adopté connu à ce jour.

Pour un fabricant suisse qui vend dans l’UE une machine de l’annexe I, le plus sûr est donc de s’adresser à un organisme notifié au titre du règlement dans un État membre, tant que l’ARM n’est pas mis à jour. Les autres conséquences pour l’export sont présentées dans ce qui change pour un fabricant suisse. Voir aussi notre article règlement machines 2023/1230 : ce qui change en 2027, et en Suisse.

Par où commencer

Pour une machine susceptible de relever de l’annexe I, cinq étapes permettent de sécuriser le calendrier :

  1. Classer la machine : catégorie exacte de l’annexe I, en vérifiant les conditions (chargement manuel, course et vitesse des presses, hauteur de chute des appareils de levage de personnes).
  2. Identifier les normes applicables et vérifier si elles seront harmonisées au titre du règlement à la date de mise sur le marché, cybersécurité comprise.
  3. Choisir le module et contacter tôt un organisme notifié au titre du règlement pour cette catégorie.
  4. Préparer le dossier : appréciation du risque, validation des fonctions de sécurité, essais, documentation technique de l’annexe IV.
  5. Planifier l’examen et, pour un modèle déjà certifié sous la directive, vérifier la date d’expiration de l’attestation et le besoin d’un complément cyber ou IA.

Säfeli établit le plan de certification, classe la machine, prépare le dossier technique et les essais préliminaires, et accompagne le fabricant jusqu’à l’organisme notifié. Voir notre page plan de certification et la formation Conformité machine. Säfeli accompagne ; le fabricant reste responsable de la conformité de son produit.

Questions fréquentes

Quelles machines nécessitent un organisme notifié selon le règlement machines ?

Les six catégories de l'annexe I, partie A, dans tous les cas : dispositifs amovibles de transmission mécanique, leurs protecteurs, ponts élévateurs pour véhicules, machines portatives de fixation à charge explosive et autres machines à chocs, composants de sécurité et systèmes de machines à comportement auto-évolutif utilisant l'apprentissage automatique pour des fonctions de sécurité (règlement (UE) 2023/1230, art. 25, par. 2). Les 19 catégories de la partie B en ont besoin lorsque les normes harmonisées ou spécifications communes couvrant toutes les exigences ne sont pas appliquées (art. 25, par. 3).

Une machine de l'annexe I, partie B, peut-elle être auto-certifiée ?

Oui, par le contrôle interne de la production (module A), à condition d'être conçue et construite selon des normes harmonisées ou des spécifications communes propres à sa catégorie, couvrant toutes les exigences essentielles pertinentes (art. 25, par. 3). Sinon, l'examen UE de type (B + C), l'assurance complète de la qualité (H) ou la vérification à l'unité (G) sont obligatoires, avec un organisme notifié.

Mon attestation d'examen CE de type délivrée sous la directive reste-t-elle valable ?

Oui, les attestations d'examen CE de type délivrées selon l'art. 12 de la directive 2006/42/CE restent valables jusqu'à leur expiration (règlement (UE) 2023/1230, art. 52, par. 2). Selon le projet de procès-verbal du groupe d'experts Machines du 27 avril 2026, des attestations complémentaires peuvent couvrir uniquement les nouvelles exigences de cybersécurité ou d'IA.

Combien de temps est valable une attestation d'examen UE de type ?

Cinq ans au plus (règlement (UE) 2023/1230, annexe VII, point 6.1). Pour la renouveler, le fabricant demande son réexamen entre douze et six mois avant l'expiration ; hors de ce délai, la date d'expiration initiale reste. Une procédure simplifiée s'applique si le type n'a pas été modifié et que l'état de la technique n'a pas évolué (annexe VII, points 7.4 à 7.6).

Une machine hors annexe I a-t-elle besoin d'un organisme notifié ?

Non. Le fabricant applique le contrôle interne de la production (module A, annexe VI) et déclare lui-même la conformité (art. 25, par. 4). Il peut faire appel à un bureau d'ingénierie ou à un laboratoire pour l'appréciation du risque et les essais, mais aucun organisme notifié n'est exigé.

Les barrières immatérielles et les blocs logiques de sécurité sont-ils concernés ?

Oui, en tant que produits connexes de l'annexe I, partie B : les dispositifs de protection destinés à détecter la présence de personnes (point 15) et les blocs logiques assurant des fonctions de sécurité (point 17). Leur fabricant peut appliquer le module A s'il suit intégralement des normes harmonisées couvrant toutes les exigences ; sinon un organisme notifié intervient.

Un organisme suisse peut-il délivrer une attestation au titre du règlement ?

Au 2 novembre 2026, aucun organisme suisse n'est notifié au titre du règlement (UE) 2023/1230 dans la base NANDO, alors que trois organismes suisses sont reconnus pour la directive via l'ARM. Leur reconnaissance dépend, selon notre lecture, de la mise à jour du chapitre machines de l'accord de reconnaissance mutuelle entre la Suisse et l'UE, qui n'est pas intervenue à ce jour.

Sources

À lire aussi

D'autres articles

Réserver un appel

Une question sur votre produit ?

Choisissez directement un créneau de 30 minutes avec un ingénieur. Pas d'échange d'e-mails : vous choisissez l'heure, nous préparons l'échange.

Choisir un créneau

Coordonnées

Adresse
Säfeli Sàrl
Route d'Englisberg 3
1763 Granges-Paccot
Téléphone
+41 79 737 37 93
Langues
Français, allemand, anglais
Réserver un appel