L'essentiel
- En général entre 8'000 et 25'000 CHF pour un marquage CE complet d'un produit technique courant : accompagnement, essais et documentation. Le montant exact dépend des textes applicables, de la procédure qu'ils imposent et des essais nécessaires ; il est plus élevé lorsqu'un organisme notifié intervient ou pour un dispositif médical.
- Le premier facteur est la procédure. Basse tension : contrôle interne, sans organisme notifié. CEM : organisme notifié facultatif. Radio : organisme notifié seulement si les normes harmonisées ne sont pas appliquées entièrement. Certaines machines et la plupart des dispositifs médicaux : organisme notifié obligatoire.
- Le deuxième facteur, ce sont les essais : sécurité électrique, CEM, radio, et les nouveaux volets comme la cybersécurité.
- Les coûts ne s'additionnent pas mécaniquement : une seule documentation technique et une seule déclaration de conformité peuvent couvrir plusieurs textes.
- Le moyen le plus sûr de maîtriser le budget est un plan de certification établi tôt, avec des pré-essais sur prototype.

« Combien coûte le marquage CE ? » est l’une des premières questions que nous posent les fabricants. La réponse honnête est : cela dépend, mais pas au hasard. Le coût découle de règles précises, que l’on peut connaître dès le début du projet. Voici comment elles se traduisent en budget.
Le marquage CE n’est pas un certificat que l’on achète
Le marquage CE indique que le produit est conforme à la législation européenne qui le concerne. C’est le fabricant qui l’appose, sous sa propre responsabilité, après avoir démontré cette conformité. On ne paie donc pas « un marquage CE » : on paie le travail nécessaire pour le justifier.
Ce travail comprend en général :
- l’identification des directives, règlements et normes applicables ;
- l’analyse des risques du produit ;
- les essais : sécurité électrique, compatibilité électromagnétique, radio, mécanique, selon le produit ;
- la documentation technique et la déclaration de conformité ;
- quand le texte l’impose, l’intervention d’un organisme notifié.
Premier facteur : la procédure imposée par le texte
C’est le facteur qui pèse le plus. Selon le texte, le fabricant peut tout faire lui-même (contrôle interne, appelé « module A »), ou il doit passer par un organisme notifié.
| Texte | Organisme notifié | Conséquence sur le coût |
|---|---|---|
| Basse tension, directive 2014/35/UE | Jamais : contrôle interne seul | Coût lié aux essais et à la documentation |
| CEM, directive 2014/30/UE | Facultatif | Le contrôle interne suffit le plus souvent |
| Équipements radio, directive 2014/53/UE | Seulement si les normes harmonisées ne sont pas appliquées entièrement | Appliquer les normes évite un organisme notifié |
| Machines, règlement (UE) 2023/1230 | Obligatoire pour l’annexe I, partie A ; possible d’éviter pour la partie B avec les normes harmonisées | Fort impact pour les machines listées |
| Dispositifs médicaux, règlement (UE) 2017/745 | Classe I : non, sauf stériles, mesure ou instruments réutilisables. Classes IIa à III : toujours | Le poste le plus élevé, avec le système qualité et l’évaluation clinique |
Pour les machines, le nouveau règlement s’applique à partir du 20 janvier 2027. Il prévoit d’ailleurs que les organismes notifiés tiennent compte des intérêts des PME pour fixer leurs tarifs.
Deuxième facteur : les essais
Les essais représentent souvent la plus grande part du budget d’un produit électrique ou électronique. Leur nombre dépend :
- de la norme du produit : un appareil de laboratoire, un équipement informatique et un appareil domestique n’ont pas les mêmes essais ;
- des fonctions du produit : une liaison radio ajoute des essais radio et de compatibilité électromagnétique spécifiques ; une batterie, des essais de sécurité et de transport ;
- du nombre de variantes : chaque version différente peut nécessiter des essais complémentaires ;
- des échecs : un essai raté coûte deux fois, la correction et le nouvel essai.
À cela s’ajoutent de nouvelles exigences : depuis le 1er août 2025, la cybersécurité des équipements radio connectés, et le Cyber Resilience Act, pleinement applicable le 11 décembre 2027.
Troisième facteur : la complexité du produit et du dossier
Plus le produit combine de technologies, plus la documentation est riche : analyse de risques, schémas, liste des composants critiques, notice, déclaration. Un produit bien documenté dès la conception coûte nettement moins cher à certifier qu’un produit dont il faut reconstituer l’historique après coup.
Des ordres de grandeur
Pour un produit technique courant, un marquage CE complet coûte en général entre 8’000 et 25’000 CHF : identification des textes et des normes, analyse de risques, essais, documentation technique et déclaration de conformité. Il faut prévoir davantage lorsqu’un organisme notifié intervient, et nettement plus pour un dispositif médical.
Par texte applicable, voici les fourchettes que nous observons pour l’accompagnement et les essais, hors organisme notifié. Elles servent à préparer un budget, pas à remplacer un devis.
| Texte applicable | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Machines | 5’000 à 14’000 CHF |
| Basse tension | 4’000 à 12’000 CHF |
| Compatibilité électromagnétique | 3’000 à 12’000 CHF |
| Équipements radio (partie radio) | 4’000 à 10’000 CHF |
| Dispositif médical de classe I | 15’000 à 80’000 CHF |
Ces montants ne s’additionnent pas mécaniquement : une seule documentation technique et une seule déclaration de conformité peuvent couvrir plusieurs textes, et certains essais servent à plusieurs exigences.
Ce qui ne relève pas du marquage CE
Certains textes souvent cités n’imposent pas le marquage CE. La directive DEEE impose le symbole de la poubelle barrée et des obligations de reprise ; le règlement REACH porte sur les substances chimiques. La directive RoHS, elle, impose bien le marquage CE et doit figurer dans la déclaration de conformité.
Comment maîtriser le budget
- Faire un plan de certification au début du projet. Il liste les textes, les normes, les essais, les échantillons et le calendrier : le budget devient prévisible.
- Concevoir avec les normes. Appliquer les normes harmonisées donne la présomption de conformité et permet souvent d’éviter un organisme notifié.
- Tester les prototypes. Un pré-essai révèle les problèmes quand une modification coûte encore peu.
- Regrouper. Un seul plan d’essais et un seul dossier pour tous les textes applicables évitent les doublons.
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Questions fréquentes
Quel est le prix moyen d'un marquage CE ?
Pour un produit technique courant, un marquage CE complet (accompagnement, essais et documentation) coûte en général entre 8'000 et 25'000 CHF. Le montant dépend des textes applicables, du nombre d'essais et de l'intervention éventuelle d'un organisme notifié ; un dispositif médical coûte nettement plus.
Le marquage CE est-il un certificat que l'on achète ?
Non. Le marquage CE est une déclaration du fabricant, qui l'appose sous sa propre responsabilité après avoir démontré la conformité. Le coût correspond au travail de démonstration : analyse, essais, documentation et, quand le texte l'impose, l'intervention d'un organisme notifié.
Quand faut-il payer un organisme notifié ?
Seulement quand le texte l'impose. La directive basse tension n'en prévoit aucun ; la directive CEM le laisse facultatif ; la directive RED l'impose pour les exigences radio si les normes harmonisées ne sont pas appliquées entièrement. Pour les machines de l'annexe I du règlement 2023/1230 et pour la plupart des dispositifs médicaux des classes IIa, IIb et III, il est obligatoire.
La directive DEEE et REACH augmentent-elles le coût du marquage CE ?
Elles ne font pas partie du marquage CE. La DEEE impose le symbole de la poubelle barrée et des obligations de reprise ; REACH porte sur les substances chimiques. RoHS, en revanche, impose le marquage CE et doit figurer dans la déclaration.
Combien de temps prend un marquage CE ?
De quelques semaines pour un produit simple soumis au seul contrôle interne, à plusieurs mois lorsqu'un organisme notifié intervient ou que des corrections de conception sont nécessaires. Un plan de certification fixe un calendrier réaliste dès le départ.
Comment réduire le coût du marquage CE ?
En identifiant tôt les textes et les normes applicables, en concevant le produit en fonction de ces normes, en testant les prototypes avant l'industrialisation et en regroupant les essais et la documentation pour tous les textes concernés.
Sources
- Directive 2014/35/UE (basse tension), art. 12 et annexe III
- Directive 2014/30/UE (CEM), art. 14
- Directive 2014/53/UE (équipements radio), art. 17
- Règlement (UE) 2023/1230 (machines), art. 25 et annexe I
- Règlement (UE) 2017/745 (dispositifs médicaux), art. 52
- Directive 2011/65/UE (RoHS), art. 7 et 15 ; directive 2012/19/UE (DEEE), art. 14
- Guide bleu de la Commission européenne (2022), § 4.5.1