Laboratoire d'essais et conseil · Granges-Paccot

Réserver un appel

Sécurité laser

Classes de laser : classification, dangers et obligations

Les huit classes de laser de l'IEC 60825-1 (1, 1M, 1C, 2, 2M, 3R, 3B, 4) : ce qu'elles signifient, leurs dangers, l'étiquetage et les règles en Suisse.

Par Elio SchnarrenbergerPublié le Mis à jour le 6 min de lecture

L'essentiel

  • La norme IEC 60825-1:2014 (édition 3) range les produits laser en huit classes : 1, 1M, 1C, 2, 2M, 3R, 3B et 4, de la moins à la plus dangereuse. En Europe, c'est l'EN 60825-1:2014 avec son amendement A11:2021 qui donne la présomption de conformité.
  • La classe décrit le produit tel qu'il est accessible, pas la source laser : une machine qui enferme un laser très puissant peut être de classe 1. C'est le fabricant qui classe son produit.
  • Classes 3B et 4 : dangereuses pour l'œil en vision directe ; la classe 4 l'est aussi pour la peau, par réflexion diffuse, et présente souvent un risque d'incendie.
  • En Suisse, la Suva exige un responsable de sécurité laser pour l'utilisation de lasers des classes 3B et 4, et seuls les pointeurs laser de classe 1 sont autorisés depuis le 1er juin 2021.
  • La classe ne remplace pas l'analyse de risque : distances de danger, maintenance capot ouvert et usage réel restent à évaluer.
Classes de laser : classification, dangers et obligations

Un pointeur de présentation et une machine de découpe industrielle sont tous deux des produits laser. Ce qui les sépare, c’est leur classe. Comprendre les classes de laser est la première étape pour évaluer un risque, choisir les bonnes protections et respecter ses obligations, que l’on soit fabricant, responsable sécurité ou utilisateur.

À quoi sert la classification des lasers ?

La classe résume en une indication le niveau de danger d’un produit laser. Elle évite à l’utilisateur d’analyser lui-même des grandeurs physiques avant chaque utilisation, et sert de langage commun entre fabricants, autorités et utilisateurs.

La classification est définie par la norme internationale IEC 60825-1:2014, édition 3, qui couvre les rayonnements de 180 nm à 1 mm. Elle compare l’émission accessible du produit à des limites d’émission accessible (LEA) propres à chaque classe. Plusieurs paramètres entrent en jeu : la longueur d’onde, qui détermine si le rayonnement atteint la rétine ; la puissance ou l’énergie ; la durée d’exposition ; la géométrie du faisceau.

Un point est souvent mal compris : la classe décrit le produit tel qu’il est accessible en usage normal, pas la source laser. Une machine de soudage qui enferme un laser de plusieurs kilowatts dans un capot verrouillé peut être de classe 1. C’est le fabricant qui est responsable de la classification.

Les classes sûres en usage normal : 1, 1M et 1C

Classe 1

Un produit de classe 1 est sûr dans les conditions d’utilisation prévues, y compris en vision prolongée du faisceau et avec des instruments d’optique. La classe englobe les lasers de forte puissance entièrement enfermés. Seule la classe 1 peut être qualifiée d’« eye-safe », et jamais sur la seule base de la longueur d’onde.

Exemples : imprimantes laser, lecteurs optiques, nombreuses machines industrielles capotées.

Classe 1M

Sûre à l’œil nu, mais pouvant devenir dangereuse avec des instruments d’optique télescopiques, comme des jumelles ou un télescope, pour un faisceau collimaté plus large que la pupille. Elle couvre les longueurs d’onde de 302,5 à 4000 nm. On la rencontre par exemple dans certains systèmes de communication optique.

Classe 1C

Le « C » signifie contact. La classe 1C couvre les appareils conçus pour appliquer le rayonnement directement sur la peau ou des tissus autres que l’œil, par exemple en esthétique ou en dermatologie. L’émission peut atteindre les niveaux des classes 3R, 3B ou 4, mais l’exposition de l’œil est empêchée par des moyens techniques : hors contact, l’émission s’arrête ou passe sous la limite de la classe 1. Le produit doit aussi respecter les normes propres à son application.

Les classes à risque modéré : 2, 2M et 3R

Classe 2

Rayonnement visible, de 400 à 700 nm, sûr pour une exposition momentanée. La norme prend comme référence une durée de 0,25 seconde et compte sur le comportement naturel d’aversion face à une lumière vive. Il ne faut pas pour autant fixer le faisceau.

Un laser de classe 2 peut provoquer un éblouissement, des images rémanentes ou une réaction de sursaut, ce qui n’est pas anodin pendant une tâche critique : conduite, travail en hauteur, à proximité de machines. Exemples : lecteurs de codes-barres, certains niveaux et lasers d’alignement.

Classe 2M

Comme la classe 2, mais le faisceau peut devenir dangereux avec des jumelles ou un télescope, pour un faisceau large et collimaté. Exemples : certains lasers de nivellement à faisceau large.

Classe 3R

L’exposition maximale permise peut être dépassée en vision directe, mais le risque de lésion reste faible dans la plupart des cas. L’émission est limitée à cinq fois la LEA de la classe 2 dans le visible, ou de la classe 1 hors du visible. Ces lasers ne doivent être utilisés que là où la vision directe du faisceau est improbable.

Les classes dangereuses : 3B et 4

Classe 3B

Dangereuse en cas d’exposition directe de l’œil, y compris pour une exposition accidentelle brève. L’observation d’une réflexion diffuse sur une surface mate est normalement sans danger. Près de la limite supérieure de la classe, le faisceau peut provoquer de légères brûlures de la peau ou enflammer des matériaux si le faisceau est fin ou focalisé.

Exemples : spectroscopie, recherche, certains lasers de marquage.

Classe 4

Les lasers les plus puissants. La vision directe et l’exposition de la peau sont dangereuses, les réflexions diffuses peuvent l’être aussi, et ils présentent souvent un risque d’incendie. Ce sont les lasers de découpe, de soudage, de gravure ou de chirurgie.

Pour ces appareils, la sécurité ne peut pas reposer sur la seule prudence de l’opérateur : il faut des protecteurs (IEC 60825-4), des verrouillages, une zone contrôlée, des équipements de protection individuelle et une formation. Une machine de traitement laser relève en outre de la série ISO 11553.

Tableau récapitulatif

Classe Niveau de risque Exemples
1 Sûre en usage normal, y compris avec optique Imprimantes, machines laser capotées
1M Sûre à l’œil nu, dangereuse avec jumelles ou télescope Communications optiques
1C Sûre pour l’œil, rayonnement appliqué au contact de la peau Esthétique, dermatologie
2 Visible, sûre pour une exposition momentanée Lecteurs de codes-barres, alignement
2M Comme la 2, dangereuse avec optique télescopique Nivellement à faisceau large
3R Risque faible mais réel en vision directe Alignement, mesure
3B Dangereuse en vision directe Spectroscopie, recherche, marquage
4 Très dangereuse : œil, peau, réflexions, incendie Découpe, soudage, chirurgie

Étiquetage : ce que la norme exige

Le fabricant classe son produit et appose les étiquettes correspondantes. Un produit de classe 1 porte la mention « Produit laser de classe 1 », sur le produit ou, au choix du fabricant, dans sa notice. Seul un produit exempté, qui ne peut dépasser la limite de la classe 1 dans aucune condition, même en maintenance ou en défaut, en est dispensé.

À partir de la classe 1C, le produit porte le symbole de danger laser et une étiquette explicative. S’ajoutent, selon la classe, les étiquettes d’ouverture, les informations sur le rayonnement émis et la norme appliquée. Lorsqu’un produit de classe 1 renferme un laser plus puissant, les panneaux qui y donnent accès portent leurs propres étiquettes, et la notice avertit des risques pendant la maintenance.

Les règles en Suisse

  • Responsable de sécurité laser : l’utilisation de lasers des classes 3B et 4 fait partie des dangers particuliers au sens de la directive CFST 6508. La Suva exige la désignation d’un responsable de sécurité laser, dont la direction définit les tâches.
  • Pointeurs laser : depuis le 1er juin 2021, seuls les pointeurs de classe 1 sont autorisés, pour un usage à l’intérieur lors de présentations (O-LRNIS, art. 23). Les pointeurs des classes 1M à 4 sont interdits à l’importation, à la vente et à la possession, sauf autorisation particulière.
  • Spectacles et manifestations : avec des installations des classes 1M, 2M, 3R, 3B ou 4, l’organisateur désigne une personne qualifiée et annonce la manifestation à l’OFSP au plus tard 14 jours avant.

L’ancienne ordonnance son et laser (OSLa) a été abrogée en 2019 et remplacée par l’O-LRNIS.

Pourquoi la classe ne dit pas tout

La classe est un excellent repère, mais elle ne remplace pas une analyse de risque. Deux lasers de classe 4 peuvent avoir des distances de danger très différentes. Un produit de classe 1 peut contenir un laser de classe 4, redoutable lors d’une intervention capot ouvert. Et le même laser n’expose pas de la même façon dans un atelier fermé et sur un banc optique ouvert dans un laboratoire de recherche.

Déterminer correctement la classe, étiqueter le produit, informer l’utilisateur et adapter les mesures à l’usage réel : c’est là que se joue la sécurité laser.

Questions fréquentes

Quelles classes de laser sont dangereuses ?

Les classes 3B et 4 sont dangereuses pour l'œil en vision directe, même pour une exposition brève ; la classe 4 l'est aussi pour la peau et par réflexion diffuse, avec souvent un risque d'incendie. La classe 3R présente un risque faible mais réel en vision directe. Les classes 2 et 2M sont sûres pour une exposition momentanée, sans qu'il faille fixer le faisceau.

Quelle est la différence entre les classes 1M et 2M ?

Les deux sont sûres à l'œil nu mais peuvent devenir dangereuses avec des jumelles ou un télescope, pour un faisceau large et collimaté. La classe 2M ne concerne que le visible, de 400 à 700 nm ; la classe 1M couvre de 302,5 à 4000 nm.

Un produit de classe 1 doit-il porter une étiquette ?

Oui, la mention « Produit laser de classe 1 », sur le produit ou dans sa notice au choix du fabricant, sauf pour un produit exempté qui ne dépasse jamais cette limite, même en maintenance ou en défaut. Si le produit renferme un laser plus puissant, les panneaux qui y donnent accès portent leurs propres étiquettes.

Peut-on qualifier un laser d'« eye-safe » ?

Seulement un produit de classe 1. La norme interdit de fonder ce qualificatif sur la seule longueur d'onde, par exemple au-delà de 1400 nm.

Les pointeurs laser sont-ils autorisés en Suisse ?

Seulement ceux de classe 1, depuis le 1er juin 2021, et pour un usage à l'intérieur, lors de présentations. L'importation, la vente et la possession des pointeurs des classes supérieures sont interdites, sauf autorisation particulière.

Qui doit désigner un responsable de sécurité laser ?

En Suisse, toute entreprise qui utilise des lasers des classes 3B ou 4 : la Suva l'exige, et la direction définit ses tâches. La loi ne fixe pas sa formation, mais elle doit lui permettre d'évaluer les risques et de mettre en place les mesures.

Sources

  • IEC 60825-1:2014, édition 3.0 : sécurité des appareils à laser (définitions 3.18 à 3.24, clause 7, annexe C)
  • EN 60825-1:2014 + A11:2021, citée au Journal officiel de l'UE au titre de la directive 2014/35/UE
  • IEC 60825-4:2022 (protecteurs laser) ; IEC TR 60825-14:2022 ; ISO 11553-1:2020 (machines laser)
  • O-LRNIS, RS 814.711, art. 10 à 13 et 23 (manifestations laser, pointeurs)
  • Suva, publication 66049.f ; directive CFST 6508, annexe 1

Réserver un appel

Une question sur votre produit ?

Choisissez directement un créneau de 30 minutes avec un ingénieur. Pas d'échange d'e-mails : vous choisissez l'heure, nous préparons l'échange.

Choisir un créneau

Coordonnées

Adresse
Säfeli Sàrl
Route d'Englisberg 3
1763 Granges-Paccot
Téléphone
+41 79 737 37 93
Langues
Français, allemand, anglais
Réserver un appel