Marquage CE en Suisse
- Elio Schnarrenberger

- 8 janv.
- 4 min de lecture
Le marquage CE est souvent perçu comme un labyrinthe administratif par les entreprises helvétiques. Pourtant, il constitue le "passeport" indispensable pour commercialiser vos appareils et machines sur le marché européen.
Que vous soyez une PME basée à Lausanne ou une start-up technologique à Genève, maîtriser les exigences de la certification CE en Suisse est bien plus qu'une obligation légale : c'est un levier de croissance stratégique et un gage de qualité "Swiss Made" sur la scène internationale. Ce guide approfondi vous explique comment naviguer sereinement dans la conformité réglementaire.
Qu'est-ce que la certification CE pour une entreprise suisse ?
Bien que la Suisse ne fasse pas partie de l'Union Européenne, elle entretient des relations commerciales étroites via les Accords de Reconnaissance Mutuelle (ARM ou MRA), ce qui fait que les produite marqué CE sont reconnu en Suisse.
Apposer le marquage CE sur votre produit signifie qu'il répond aux exigences essentielles de santé, de sécurité et de protection de l'environnement définies par les directives et règlements européens.
Le marquage CE n'est pas une marque de qualité commerciale, mais une déclaration de conformité réglementaire. Il offre une garantie de libre circulation au sein de l'Espace Économique Européen (EEE), évitant ainsi de devoir adapter votre produit pour chaque pays membre. Pour vos clients suisses, c'est également une preuve de rigueur technique et de sécurité d'utilisation.
Les 5 étapes clés de la mise en conformité : Analyse détaillée
Pour obtenir votre certification, le processus ne doit pas être improvisé. Il suit une méthodologie rigoureuse que Säfeli a structurée pour garantir un succès sans faille :
1. Identifier les directives applicables
Votre produit peut dépendre de plusieurs textes simultanément. Par exemple, une machine industrielle connectée relève souvent de :
La Directive Machines (2006/42/CE) ou le nouveau Règlement Machines (2023/1230).
La Directive Basse Tension (DBT 2014/35/UE) pour les composants électriques.
La Directive Compatibilité Électromagnétique (CEM 2014/30/UE) pour les interférences.
Le cas échéant, la directive RoHS (limitation des substances dangereuses).
2. Vérifier les exigences spécifiques et les normes harmonisées
Il s'agit d'identifier les normes EN (EuroNormes) qui s'appliquent précisément à votre technologie. Utiliser ces normes donne une "présomption de conformité", facilitant grandement la validation de votre appareil. Vous devrez alors vous assure de la conformité de votre produit au normes, via des essais et des rapports de conformité.
3. Réaliser l'analyse de risques
C'est le cœur du processus de sécurité. Selon la norme ISO 12100, vous devez :
Identifier les dangers (mécaniques, électriques, thermiques)
Évaluer la probabilité et la gravité des dommages.
Appliquer des mesures de réduction des risques (conception sûre, protecteurs, informations de sécurité).
4. Établir la Documentation Technique (Le dossier technique)
Ce dossier est votre bouclier juridique. Il doit compiler :
Les plans d'ensemble et les schémas des circuits de commande.
Les descriptions détaillées du fonctionnement.
L'analyse de risque
Les rapports d'essais (électriques, mécaniques, émissions).
La nomenclature des composants critiques.
La notice d'instructions originale.
La déclaration de conformité
5. Signer la Déclaration de Conformité UE et apposer que marquage CE
Cet acte solennel engage la responsabilité civile et pénale du fabricant. Une fois signée, vous êtes autorisé à apposer le logo CE de manière visible, lisible et indélébile sur votre produit.
Les spécificités de l'exportation depuis la Suisse : Le défi du "Mandataire"
Depuis l'évolution des relations bilatérales entre la Suisse et l'UE, les règles d'accès au marché ont durci. La Suisse est désormais considérée comme un "pays tiers" pour de nombreux secteurs (notamment les dispositifs médicaux et les produits de construction).
Pour de nombreux appareils, les fabricants suisses doivent impérativement désigner un Mandataire ou une Personne Responsable établie sur le territoire de l'UE (souvent appelé EAR - European Authorized Representative). Cette entité sert d'interlocuteur aux autorités de surveillance du marché européen.
Conséquence : Sans ce représentant, vos marchandises peuvent être saisies en douane, et vous risquez des amendes administratives pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs, sans compter l'interdiction de vente.
Réduisez les délais et minimiser les problèmes
L'auto-certification est séduisante, mais elle cache des pièges coûteux. Le paysage normatif évolue constamment (passage des directives aux règlements). Faire appel à un expert vous apporte trois bénéfices majeurs :
Sécurité juridique absolue : En cas d'accident avec une machine, la première chose que demandera le procureur est le dossier technique. S'il est incomplet, la responsabilité du dirigeant est directement engagée.
Optimisation des coûts : Nous évitons les sur-tests inutiles et les modifications de conception tardives, qui coûtent souvent 10 fois plus cher que si elles avaient été anticipées.
Image de marque et confiance : Un dossier technique impeccable et une déclaration de conformité rigoureuse sont des arguments de vente majeurs face à des acheteurs industriels de plus en plus exigeants sur la "Compliance".
Anticiper pour mieux innover
La certification CE ne doit pas être perçue comme un frein à votre innovation, mais comme une structure permettant de valider la qualité de votre ingénierie. En intégrant la conformité dès la phase de R&D (approche "Safety by Design"), vous transformez une contrainte légale en un avantage compétitif solide.
Votre projet est unique, les normes le sont aussi. Contactez les experts de Säfeli pour un premier audit de conformité et sécurisez vos exportations dès aujourd'hui.



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