
Marquage CE
Appareils de mesure
Mettre un équipement de laboratoire ou un instrument de mesure sur le marché européen sans marquage CE, c'est s'exposer à un retrait du marché, des amendes et une mise en cause de sa responsabilité. Pour un fabricant suisse, la conformité à la réglementation européenne des produits électriques n'est pas une option.
La réglementation européenne encadrant la sécurité des équipements électriques de mesure, de commande et de laboratoire est l'une des plus exigeantes au monde. Elle couvre les risques électriques, thermiques, mécaniques, de rayonnement et de compatibilité électromagnétique, et impose au fabricant une démarche structurée d'évaluation de la conformité avant toute mise sur le marché.
LA RÉGLEMENTATION APPAREILS DE MESURE

La directive Basse Tension (LVD, 2014/35/UE) constitue le cadre réglementaire de référence pour tout équipement de laboratoire ou instrument de mesure commercialisé dans l'Union européenne. Elle s'applique à tout matériel électrique utilisé entre 50 et 1000 volts en courant alternatif, ou entre 75 et 1500 volts en courant continu, qu'il soit fabriqué en Europe ou importé depuis des pays tiers, dont la Suisse. Centrifugeuses, étuves, spectromètres, multimètres, analyseurs ou bancs d'essai entrent dans ce champ d'application.
Cette directive impose au fabricant d'évaluer la conformité de son équipement, de constituer un dossier technique, de rédiger une déclaration de conformité UE et d'apposer le marquage CE avant la mise sur le marché. Ce marquage n'est pas un label de qualité : c'est une déclaration du fabricant, qui engage sa responsabilité. S'y ajoute presque toujours la directive CEM (2014/30/UE), particulièrement sensible pour les instruments de mesure dont la précision peut être altérée par les perturbations électromagnétiques.
Plusieurs textes s'appliquent souvent de manière cumulative. La directive RoHS (2011/65/UE) restreint les substances dangereuses et conditionne elle aussi le marquage CE. Un équipement doté d'une fonction sans fil relève en outre de la directive RED. Surtout, un point distingue cette famille de produits : lorsqu'un instrument de mesure est utilisé à des fins de métrologie légale, par exemple pour des transactions commerciales ou des mesures officielles, il relève des directives MID (2014/32/UE) ou NAWI (2014/31/UE) pour les instruments de pesage, lesquelles imposent l'intervention d'un organisme notifié. Un même instrument peut donc relever d'un régime d'autocertification ou de métrologie légale selon son usage.
Une évolution horizontale est par ailleurs à anticiper : le règlement (UE) 2024/1781 sur l'écoconception des produits durables (ESPR), entré en vigueur en juillet 2024, étendra progressivement, via des actes délégués, des exigences de durabilité, de réparabilité et un passeport numérique de produit à de nouvelles catégories d'équipements électroniques. Pour les fabricants suisses, la règle est claire : dès qu'un équipement est commercialisé sur le marché européen, la réglementation européenne s'applique intégralement. Säfeli vous aide à identifier vos obligations et à déterminer si votre instrument relève ou non de la métrologie légale.
NORMES HARMONISÉES
Les normes de la série IEC 61010, déclinées en EN 61010 au niveau européen, sont le principal outil de démonstration de la conformité aux objectifs de sécurité de la directive Basse Tension pour les équipements de mesure, de commande et de laboratoire. Leur application confère une présomption de conformité aux exigences correspondantes. La série est construite en deux niveaux : une partie générale et des parties spécifiques par type d'équipement.
La norme IEC 61010-1 énonce les exigences générales de sécurité communes à l'ensemble de ces équipements : protection contre les chocs électriques, échauffements et risques d'incendie, dangers mécaniques, rayonnements, libération de gaz ou de liquides, et tenue dans les conditions d'environnement prévues. C'est la norme socle, applicable à pratiquement tous les équipements, et la première à traiter dans l'évaluation de conformité.
Elle est complétée par les parties IEC 61010-2-xxx, qui définissent les exigences particulières propres à chaque type d'équipement : la 61010-2-010 pour les équipements chauffants, la 61010-2-020 pour les centrifugeuses de laboratoire, la 61010-2-030 pour les circuits de mesure (qui définit les catégories de mesure CAT II à CAT IV), la 61010-2-040 pour les stérilisateurs, ou la 61010-2-081 pour les équipements de laboratoire automatiques. La partie spécifique se lit toujours conjointement à la partie 1, qu'elle complète ou précise selon les dangers propres à l'équipement.
Pour la compatibilité électromagnétique, la norme de référence est EN 61326-1, qui couvre à la fois les émissions et l'immunité du matériel de mesure, de commande et de laboratoire, avec des exigences d'immunité renforcées pour les appareils dont la fonction de mesure est critique. Pour les équipements connectés, les normes radio ETSI et la série EN 18031 sur la cybersécurité s'ajoutent au titre de la directive RED.
L'évaluation de la conformité au titre de la LVD et de la CEM repose exclusivement sur l'autocontrôle interne du fabricant (module A), sans organisme notifié : le fabricant réalise ou commande les essais, constitue le dossier technique et appose le marquage CE sous sa seule responsabilité. La nuance est importante : si l'instrument relève de la métrologie légale (MID ou NAWI), une procédure avec organisme notifié devient obligatoire, en complément de la conformité LVD et CEM. Säfeli vous aide à identifier les normes applicables, à déterminer le bon régime d'évaluation et à constituer le dossier.

ANALYSE DES RISQUES

Avant de mettre un équipement de laboratoire ou de mesure sur le marché, le fabricant a l'obligation légale de procéder à une analyse des dangers que l'équipement peut présenter. Cette analyse doit couvrir l'ensemble des catégories de risques pertinentes : chocs électriques, échauffements et incendie, dangers mécaniques, rayonnements, ainsi que les risques liés à l'usage normal et au mauvais usage raisonnablement prévisible. Elle constitue le fondement du dossier technique et conditionne le choix des normes à appliquer.
Les risques électriques et thermiques sont au cœur de l'évaluation. La protection contre les contacts directs et indirects, l'intégrité de l'isolation, la tenue aux surtensions transitoires sur les circuits de mesure, la prévention de tout échauffement susceptible de provoquer un départ de feu : chacun de ces aspects doit être évalué de manière documentée. Les équipements raccordés au réseau pour effectuer des mesures, comme les multimètres et les oscilloscopes, exigent une attention particulière au regard de leur catégorie de mesure.
Les équipements de laboratoire présentent en outre une palette de dangers spécifiques qui dépasse celle des appareils domestiques : énergie cinétique élevée des centrifugeuses, hautes températures des étuves et plaques chauffantes, pression des autoclaves et stérilisateurs, manipulation de fluides, gaz ou substances chimiques, et parfois sources de rayonnement optique ou ionisant. Le comportement en cas de défaut, de surcharge ou de blocage, ainsi que la protection de l'opérateur, doivent être analysés pour chacun de ces dangers.
Säfeli conduit des analyses des risques structurées pour les équipements de laboratoire et de mesure, en couvrant l'ensemble des catégories de dangers applicables à votre produit. Le résultat est un document formalisé qui identifie les risques, évalue leur criticité, définit les mesures de réduction adoptées et référence les normes ou essais utilisés pour démontrer la conformité. Ce document constitue une pièce centrale du dossier technique.
DOCUMENTATION ET DOSSIER TECHNIQUE
Le dossier technique est la pièce maîtresse du marquage CE. Il doit être constitué avant la mise sur le marché et conservé pendant dix ans après la dernière mise sur le marché de l'équipement. Présenté sur demande aux autorités de surveillance, un dossier incomplet expose le fabricant à des sanctions et au retrait du produit.
Il comprend la description de l'équipement et de ses composants, l'analyse des risques, les rapports d'essais selon les normes applicables (sécurité électrique EN 61010, compatibilité électromagnétique EN 61326-1), les schémas électriques, les déclarations de conformité des composants critiques et la déclaration de conformité UE. Pour un instrument relevant de la métrologie légale, le dossier intègre en plus les éléments liés à la procédure avec organisme notifié.
L'étiquetage suit des règles précises : marquage CE visible et indélébile d'au moins 5 mm sur l'équipement ou sa plaque signalétique, caractéristiques électriques nominales, catégorie de mesure le cas échéant, coordonnées du fabricant et traçabilité. Les instruments soumis à la métrologie légale portent en outre le marquage métrologique supplémentaire. La notice doit figurer dans la langue du pays de commercialisation. Ces points sont systématiquement vérifiés par les autorités.
Säfeli constitue le dossier technique complet, rédige la déclaration de conformité et vérifie l'étiquetage, en couvrant simultanément sécurité électrique, compatibilité électromagnétique et, lorsque c'est requis, métrologie légale, sans angle mort réglementaire.

QUESTIONS FRÉQUENTES
Le marquage CE est-il obligatoire pour tous les équipements de laboratoire et de mesure ?
Oui, le marquage CE est obligatoire pour tout équipement électrique de laboratoire ou de mesure commercialisé sur le marché européen, quelle que soit l'origine du fabricant. Cela s'applique aux fabricants suisses qui exportent en Europe, aux importateurs qui mettent des équipements étrangers sur le marché européen, et aux distributeurs qui font fabriquer des équipements sous leur propre marque. L'absence de marquage CE expose à un retrait du marché et à des sanctions.
Quelles directives européennes s'appliquent à un équipement de laboratoire ou de mesure ?
La directive Basse Tension (2014/35/UE) et la directive CEM (2014/30/UE) s'appliquent à la quasi-totalité des équipements alimentés sur le secteur, complétées fréquemment par la directive RoHS. Un équipement connecté relève aussi de la directive RED. Si l'instrument est utilisé en métrologie légale, les directives MID (2014/32/UE) ou NAWI (2014/31/UE) s'appliquent en plus. Säfeli détermine pour vous l'ensemble des textes applicables à votre produit.
Un fabricant suisse doit-il se conformer à la réglementation européenne ?
Oui, dès lors que les équipements sont commercialisés sur le marché européen, directement ou via des distributeurs. La localisation du fabricant n'est pas déterminante : c'est le marché cible qui l'est. Un fabricant suisse qui vend ses équipements dans l'UE doit apposer le marquage CE et respecter l'ensemble des exigences des directives applicables. La Suisse dispose par ailleurs de sa propre réglementation nationale alignée sur les directives européennes pour le marché intérieur.
Faut-il faire appel à un organisme notifié pour le marquage CE d'un équipement de laboratoire ou de mesure ?
Pour la sécurité électrique (LVD) et la compatibilité électromagnétique (CEM), non : le fabricant autocertifie son équipement basé sur des rapports de test. En revanche, dès qu'un instrument de mesure relève de la métrologie légale au titre des directives MID ou NAWI, une procédure avec organisme notifié devient obligatoire. C'est l'usage de l'instrument qui détermine le régime applicable. Säfeli vous aide à identifier le bon parcours d'évaluation.
Mon instrument de mesure relève-t-il de la directive MID ?
La directive MID (2014/32/UE) ne s'applique qu'aux instruments utilisés à des fins de métrologie légale, c'est-à-dire pour des transactions commerciales, des mesures officielles ou des applications touchant à la santé, à la sécurité ou à l'environnement, par exemple les compteurs, les systèmes de mesurage de liquides ou les analyseurs de gaz. Un instrument utilisé uniquement à des fins internes de recherche ou de contrôle qualité n'y est pas soumis et relève de la seule sécurité électrique. La frontière dépend de l'usage déclaré et mérite une analyse au cas par cas.
Combien de temps faut-il conserver le dossier technique ?
Le dossier technique doit être conservé pendant dix ans à compter de la date de la dernière mise sur le marché de l'équipement. Il doit pouvoir être mis à disposition des autorités de surveillance du marché sur demande. Un dossier incomplet, introuvable ou non mis à jour constitue une non-conformité en soi, indépendamment de la conformité de l'équipement lui-même.
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